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Sergeï Prokofiev, Sonate pour violon solo en ré majeur, Opus 115.

Contexte historique

La littérature violonistique abonde en oeuvres pour l’instrument seul, depuis le XVIIème siècle. Caprices, Sonates, Partitas, Suites, Cadences, associés aux noms prestigieux de compositeurs ou de violonistes-compositeurs, Corelli, Franz von Biber, Frescobaldi, Locatelli, Jean-Sébastien Bach, Paganini, Rode, Wieniawski, Eugène Ysaÿe, Joachim, Kreisler, Bela Bartok. Quasi contemporain à ce dernier, Sergeï Prokofiev (1891-1953) né en Ukraine (Sontsovka) est initié au piano très tôt par sa mère. Il devint très vite un pianiste de grand talent formé au Conservatoire de Saint-Pétersbourg par Rimski-Korsakov et Tcherepnine. Mais, il prend ses distances avec ses professeurs jugés pas assez dans le mouvement avant-gardiste qui commence à percer. À la veille de la chute du Tsarisme, en mars 1917, Prokofiev voit dans les idées progressistes une voie de créativité qui lui donnerait l’espace dont il a besoin pour exprimer les siennes. Mais le pays est au bord de la guerre civile et la censure bolchevique est omniprésente. Avec l’accord des nouvelles autorités soviétiques, il obtient l’autorisation de se rendre à l’étranger en 1918. C’est le début d’un exil qui durera 14 ans, parcourant l’Europe et les Etats-Unis. Alors que Stravinski demeure en Occident et se fait naturaliser américain, Prokofiev cède à la nostalgie de son pays natal. Il revient en Russie en 1933. D’abord fêté, il se voit confier des fonctions officielles. Il a conscience de son rôle en tant que compositeur soviétique.

Par la suite, ses relations avec les autorités deviennent difficiles. Il essaie bien de calmer l’hostilité du Parti en produisant à la gloire du régime des œuvres sans intérêt, mais il reste en but à la censure et ce sont ses amis qui lui permettent d’échapper à la misère. Pour fuir l’invasion allemande en 1941, Prokofiev part dans le Caucase. C’est une période difficile pour sa santé. Paradoxalement il produit beaucoup, dont la symphonie N°5, œuvre qui marquât la victoire sur l’Allemagne ; pour cela il obtiendra un second Prix de l’ordre de Staline en 1945.

Après la guerre cependant, les ennuis commencent et il subit les foudres du jdanovisme ; les purges staliniennes envoient sa première femme en camp de travail, car elle est étrangère ; il est condamné en 1948 par le parti pour « l’orientation antipopulaire et anticonformiste de sa musique ». En 1950, il compose un oratorio, La Garde de la Paix qui le rachète aux yeux du régime communiste. Il obtiendra même le Prix Staline pour cette œuvre. Prokofiev ne quitte plus son appartement durant les trois dernières années de sa vie. Le 5 mars 1953, Prokofiev meurt, cruelle coïncidence, une heure environ avant Staline. Le journal officiel du Parti, La Pravda et les autorités, portant toute l’attention sur le « petit père du peuple », mettront six jours avant d’annoncer la mort du compositeur, faisant même pression sur sa famille pour qu’elle n’ébruite pas la nouvelle pendant cette période. Une quarantaine de personnes seulement assistent aux funérailles de celui qui fut pourtant, 6 ans auparavant, proclamé « Artiste du Peuple ». Voici donc à grands traits le décor historique.

Cette sonate vient non pas sui generis, mais préparée par les compositions éloignées l’une de l’autre des deux concerti pour violon, le premier composé entre 1915 et 1917, fait de contrastes soutenus entre les mouvements rythmiques et ceux lyriques, mais très avancé dans le style avant-gardiste. Le deuxième, composé en 1934, plus proche du style du Ballet Roméo et Juliette qui lui est contemporain, très lyrique dans son deuxième mouvement mû par une grande douceur d’atmosphère. Ce deuxième concerto en sol majeur fut rendu plus célèbre que le premier par la notoriété que lui a donnée Jascha Heifetz qui l’appréciait hautement et le jouait souvent.

La sonate pour violon solo ne fut jamais jouée du vivant du compositeur. Il est également curieux que David Oïstrakh n’inclut jamais cette œuvre dans son répertoire, alors qu’il joua avec son frère Igor, la sonate pour deux violons et les sonates avec piano. La raison reste floue : opposition trop franche du compositeur avec le régime soviétique et exil aux Etats-Unis ? Absence de dédicataire ? Nul ne le sait. Notons que trois ans auparavant la composition de la sonate Op. 115 de Prokofiev, Bartok dédia la seule sonate qu’il composa pour violon seul à Sir Yehudi Menuhin en 1944.

Analyse de la Sonate pour violon de Prokofiev

La structure interne de cette œuvre est classique. Le premier mouvement (Moderato) en 4/4, mise à part, une incise en 2/4 à la mesure 86 développe un premier thème à la forme martiale d’une mélodie virtuose (mesures 1-9) (a) suivie d’un thème lyrique en doubles croches (mesures 18-27)(b), mêlant deux voix non superposées, assumées par les graves et les aigus joués en alternance. Cette structure pourrait faire penser à certaines Allemandes des partitas pour violon solo de Bach. Apparaît ensuite une mélodie au caractère pleinement russe (mesures 28-36)(c,c’) à la forme martiale, rappelant la forme du début. Un changement de tonalité en mesure 46, passant de Ré majeur à La mineur est comme une transition avec réapparition du deuxième thème présenté sous une autre couleur puis le troisième également (mesure 63) qui suit pour revenir à la tonalité initiale de ré majeur (mesure 68).

(c)

(c’)

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Le premier thème fondateur revient à l’identique puis suit une modulation (mesures 75-87)(d,d’) du deuxième thème exposé à la quinte inférieure que le troisième thème prolonge (mesure 95) avec retour du thème en doubles croches type « Bach »(d’). Les 18 mesures de la Coda (e) ponctuent ce mouvement allègre, en rappelant sous une forme rythmée le premier thème achevé en une ascension tonique et soutenue.

(d)

(d’)

(e)

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Le second mouvement est constitué par l’exposition d’un thème lent (Andante dolce) en si majeur (4/4) à l’accent du folklore slavisant que cinq variations reprennent. La première d’entre elles, simple ré-exposition plus douce qui doit être jouée avec un poids d’archet minimal, laissant un climat de silence dans la musique (f). La deuxième variation jouée scherzando (12/8)(g) n’est pas sans rappeler, dans son style, la deuxième variation du 24ème Caprice de Paganini ; la fin revient sous forme de rappel de la fin de la variation précédente.

(f)

(g)

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La troisième variation (4/4) (h) au tempo Andante expose le thème fondamental en tonalité mineure à l’octave inférieure.

(h)

(i)

La quatrième variation est la plus virtuose de toutes, constituée d’ondulations mélodiques (groupements successifs de 16 triolets)(i) jouée en modulant le rythme, afin d’en ressortir les articulations. La dernière mesure est un nouveau rappel de la fin des variations précédentes. L’atmosphère musicale de ce mouvement ondulatoire fait penser à l’eau d’un ruisseau, flux continu, au moulin qui ne s’arrête pas, autant de métaphores rappelant le caractère de la musique de Jean-Sébastien Bach, trait allusif donné à cette variation.

La cinquième et dernière variation (j) reprend sous doubles cordes le thème premier rendu plus lyrique ainsi et ponctué par deux pizzicati arpégés.

Le troisième mouvement (Con brio) (3/4), est une sorte de Mazurka. Le premier thème est précédé d’une anacrouse (mesures 1- 8)(k) que suit le thème court (3 mesures) légèrement modifié à mesure de sa répétition, suivi d’une modulation en do majeur (L) ; la tonalité principale revenant en mesure 37. Le premier thème revenant à plusieurs reprises dont une fois en mi majeur, puis le deuxième sous une forme mélodique (mesure 52-63) qui est répété avec quelques changements.

La mesure 76 est marquée par un changement de rythme Allegro precipitato (2/2) et de tonalité (Ré mineur) (m). La mélodie se répète en do mineur avant la reprise à partir de la mesure 112. Puis, retour du premier thème et de la tonalité Ré majeur. Le premier tempo retrouvé mais en rythme 3/4  et modulation en do mineur (n). Les reprises de thèmes se succèdent et s’articulent à un final aux rythmes 2/2 puis 2/4 marqué d’accords (o). La coda (p) empreinte d’un style de cadence sonne pour ponctuer avec brio et entrain cette Mazurka.

(o)

(p)

Cette sonate est la dernière œuvre composée pour violon solo et l’ultime page consacrée par Prokofiev à cet instrument. Elle n’a pas le caractère de rigueur musicale des sonates de Bach ni la virtuosité technique des sonates d’Ysaÿe ou des Caprices de Paganini, mais elle occupe une place digne des grandes partitions pour violon seul, avec cette marque unique de ses thèmes joyeux et mélodieux typiques de la musique Russe. Mais aussi, cette partition pour violon solo respire les atmosphères musicales rencontrées dans le conte musical composé en 1936 à son retour définitif en URSS, Pierre et le Loup, faite pour un petit orchestre symphonique et un récitant. Cette œuvre qui décrit les tempéraments des divers personnages à travers les instruments qui les représentent (la flûte pour l’oiseau, le hautbois pour le canard, la clarinette pour le chat, le basson pour le grand-père, les cors pour le loup, les timbales pour les chasseurs, le quatuor à cordes de l’orchestre pour Pierre) rassemble des thèmes et mélodies qui par ressemblance entretiennent des passerelles avec les ambiances et humeurs contrastées de la sonate Op 115.

Interprétations de référence

Les interprétations de référence ou bien celles de grand intérêt ne sont pas très nombreuses. Celle de Gil Shaham est remarquable et virtuose (éd. Deutsche Grammophon) ; sur You tube, la version de Davide Alogna enregistrée à l’église San Vincenzo in Galliano de Cantù (2015) est digne d’intérêt par la chaleur de son interprétation et la rondeur du son et l’écho qui en est rendu par le lieu de l’enregistrement. A noter l’enregistrement de cette sonate par Lydia Mordkovitch (éd. Chandos) et celui de Victoria Mulova en 2015 et celui de Vadim Gluzmann (éd.BIS) en 2016.

Violon et verres sur une table, Picasso, Musée d’Etat de L’Ermitage Saint-Pétersbourg (photo MP, Avril 2014)

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Références

  • Partition éd. Le chant du Monde, 1953, Paris.
  • Friedberg Streller, Prokofjew und seine Zeit, éd. Labber, Regensburg, 2003.
  • Die Stellung der Violin sonate D-dur Op.115 von Sergej Prokofjew in der Violinliteratur für Violine Solo. Lucja Madziar, Schriftlicher Teil der künslerischen Masterarbeit, Graz, März 2015.

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 Michel PAILLET – philosophe, violoniste et altiste, février 2017

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